Chute de cheveux chez la femme : hormones, fer et carences

Publié le 5 novembre 2026 à 10:33

CHUTE DE CHEVEUX CHEZ LA FEMME : ET SI LE PROBLÈME VENAIT DE L'INTÉRIEUR ?

Hormones, périménopause, fer, thyroïde, alimentation et carences nutritionnelles : comprendre pourquoi nos cheveux tombent et comment agir.

Vous retrouvez de plus en plus de cheveux dans votre brosse, sous la douche ou sur vos vêtements ? Votre queue de cheval est moins épaisse ? Vos cheveux semblent moins denses, particulièrement sur le dessus ou à l'avant du crâne ?

La chute de cheveux est fréquente chez les femmes, notamment après 40 ans. Pourtant, elle est encore trop souvent abordée uniquement sous l'angle cosmétique : shampoings fortifiants, sérums antichute, gummies, cures de biotine...

Mais avant de chercher à stimuler la pousse, une question essentielle mérite d'être posée :

Pourquoi les cheveux tombent-ils ?

Car nos cheveux sont sensibles à notre environnement hormonal, à notre état nutritionnel, à notre fonctionnement thyroïdien, à notre état de santé général et aux périodes de stress physiologique.

Et bien souvent, plusieurs facteurs se cumulent.

1. Comprendre le cycle du cheveu

Nos cheveux suivent naturellement trois grandes phases :

  • La phase anagène : période de croissance active, qui dure généralement plusieurs années.

  • La phase catagène : courte phase de transition.

  • La phase télogène : période de repos, à l'issue de laquelle le cheveu tombe et laisse progressivement place à un nouveau.

Perdre environ 50 à 100 cheveux par jour est physiologique.

Le problème apparaît lorsque davantage de cheveux passent prématurément en phase de repos, ou lorsque les follicules produisent progressivement des cheveux de plus en plus fins.

Il faut donc distinguer deux phénomènes :

L'effluvium télogène correspond à une chute diffuse, parfois impressionnante, souvent déclenchée par un événement survenu deux à quatre mois auparavant : maladie, stress important, déficit nutritionnel, amaigrissement rapide ou perturbation hormonale.

L'alopécie féminine à composante génétique et hormonale provoque plutôt une diminution progressive de la densité, notamment sur le dessus du crâne, avec des cheveux qui deviennent de plus en plus fins.

Ces deux phénomènes peuvent parfaitement coexister.

2. La périménopause : une période particulièrement sensible

On associe souvent les modifications capillaires à la ménopause. Pourtant, elles peuvent commencer plusieurs années auparavant.

Durant la périménopause, les concentrations d'œstrogènes et de progestérone fluctuent, parfois de manière importante d'un cycle à l'autre.

Les œstrogènes participent notamment à la régulation du cycle pilaire. Leur diminution peut contribuer à modifier la croissance et la densité des cheveux.

Parallèlement, certaines femmes développent une sensibilité accrue à l'action des androgènes, même lorsque leurs concentrations sanguines restent normales.

Cela peut se manifester par :

  • Une perte de densité sur le dessus ou l'avant du crâne.

  • Des cheveux progressivement plus fins.

  • Une augmentation de l'acné.

  • L'apparition de poils plus épais au menton.

  • Des modifications de la répartition de la graisse corporelle, notamment abdominale.

Attention : ces manifestations ne prouvent pas automatiquement un excès de testostérone.

La sensibilité des follicules pileux aux androgènes, la génétique et les fluctuations hormonales jouent également un rôle.

Autre facteur important : les menstruations abondantes.

Certaines femmes en périménopause présentent des cycles irréguliers, rapprochés ou des règles plus importantes. Les pertes de fer répétées peuvent progressivement épuiser les réserves de l'organisme et participer à la chute capillaire.

Ainsi, une femme peut cumuler une modification de son environnement hormonal et une diminution de ses réserves de fer.

C'est pourquoi la chute de cheveux en périménopause mérite une approche globale, et pas uniquement hormonale.

3. Le fer et la ferritine : des éléments souvent sous-estimés

Le fer intervient dans de nombreuses fonctions biologiques, notamment le transport de l'oxygène et l'activité de cellules qui se renouvellent rapidement.

Les follicules pileux sont particulièrement actifs sur le plan métabolique.

Un déficit en fer peut favoriser une chute diffuse, y compris avant l'apparition d'une anémie caractérisée.

La ferritine permet d'évaluer les réserves de fer, même si son interprétation doit tenir compte d'une éventuelle inflammation.

Une ferritine dans les normes du laboratoire n'est pas toujours synonyme de réserves optimales dans toutes les situations.

Par exemple, une ferritine située autour de 20 à 30 µg/L peut justifier d'explorer les réserves de fer chez une femme qui perd ses cheveux, particulièrement si elle présente des règles abondantes, de la fatigue ou d'autres signes compatibles avec un déficit.

En revanche, il n'existe pas de seuil universel de ferritine garantissant une bonne repousse capillaire. L'intérêt de viser systématiquement 70 ou 100 µg/L n'est pas solidement démontré.

Pourquoi le fer peut-il être insuffisant ?

Plusieurs mécanismes sont possibles :

  • Des pertes menstruelles importantes.

  • Des apports alimentaires trop faibles.

  • Une alimentation restrictive.

  • Une absorption intestinale diminuée.

  • Certaines maladies digestives, notamment la maladie cœliaque.

  • Des dons de sang répétés.

  • Des besoins accrus à certaines périodes de la vie.

Et si les compléments de fer sont mal tolérés ?

Le fer oral peut provoquer des douleurs abdominales, des nausées ou de la constipation.

Il existe différentes formulations, mais aucune ne garantit une absence totale d'effets digestifs.

Selon la situation, une diminution de la dose, une administration un jour sur deux ou un changement de préparation peuvent améliorer la tolérance.

Il est également important d'identifier la cause du manque de fer : augmenter les apports sans comprendre pourquoi les réserves diminuent n'est pas toujours suffisant.

4. La thyroïde : un acteur essentiel de la santé capillaire

Les hormones thyroïdiennes interviennent dans la régulation du métabolisme et du cycle des follicules pileux.

Une hypothyroïdie comme une hyperthyroïdie peuvent s'accompagner d'une chute diffuse.

Plusieurs signes méritent une attention particulière lorsqu'ils accompagnent la perte de cheveux :

En cas d'hypothyroïdie :

  • Fatigue inhabituelle.

  • Frilosité.

  • Constipation.

  • Peau sèche.

  • Modifications du poids.

  • Cheveux secs, cassants ou clairsemés.

En cas d'hyperthyroïdie :

  • Palpitations.

  • Sensation de chaleur.

  • Nervosité.

  • Transit accéléré.

  • Perte de poids inexpliquée.

  • Cheveux fins et fragiles.

Ces symptômes ne sont évidemment pas spécifiques : la périménopause, par exemple, peut provoquer certaines manifestations similaires.

Un bilan thyroïdien adapté permet de mieux orienter les investigations.

L'iode : ni trop peu, ni trop !

L'iode est indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes.

Mais son équilibre est particulier : une insuffisance prolongée peut perturber la thyroïde, tandis qu'un apport excessif peut également provoquer des dysfonctionnements chez certaines personnes.

La chute de cheveux peut alors apparaître indirectement, à travers une modification de la fonction thyroïdienne.

Prendre davantage d'iode n'est donc pas automatiquement bénéfique pour les cheveux.

Il faut aussi distinguer une véritable insuffisance d'apport d'une iodurie ponctuellement basse : une mesure urinaire isolée ne permet pas toujours de déterminer précisément le statut iodé d'une personne.

5. Les vitamines et minéraux : de quoi les cheveux ont-ils réellement besoin ?

Les compléments alimentaires destinés aux cheveux contiennent souvent une multitude de nutriments.

Mais leur efficacité dépend surtout de l'existence d'une insuffisance réelle.

Le zinc

Le zinc participe à la division cellulaire, à la synthèse des protéines et au fonctionnement des follicules pileux.

Une carence peut contribuer à une chute de cheveux.

On le retrouve notamment dans les huîtres, la viande rouge, certains fruits de mer et les œufs.

Attention cependant : une supplémentation prolongée et excessive en zinc peut provoquer une carence en cuivre.

Le cuivre

Le cuivre participe au métabolisme du fer et à plusieurs réactions enzymatiques, notamment celles impliquées dans la pigmentation capillaire.

Une carence importante peut contribuer à des anomalies des cheveux, mais les carences en cuivre restent relativement rares.

Une supplémentation ne devrait pas être systématique et doit tenir compte des apports en zinc.

La vitamine B12

La vitamine B12 intervient dans la fabrication de l'ADN et la formation des cellules sanguines.

Une carence peut participer à différents troubles, dont une chute diffuse dans certains contextes.

Les principales sources alimentaires sont les viandes, poissons, œufs et produits laitiers.

Les folates (vitamine B9)

Ils participent au renouvellement cellulaire et au fonctionnement normal de l'organisme.

Une insuffisance peut accompagner des troubles nutritionnels ou hématologiques susceptibles d'affecter les cheveux.

La biotine (vitamine B8)

La biotine est probablement la vitamine la plus connue dans les produits antichute.

Pourtant, les véritables carences sont rares et les preuves de son efficacité chez une personne non carencée restent limitées.

On en trouve notamment dans les œufs cuits, le foie et différentes viandes.

La vitamine B2

La riboflavine participe à la production énergétique et au fonctionnement de nombreuses enzymes.

Une carence sévère peut affecter la peau et les cheveux, mais elle est peu fréquente dans une alimentation suffisamment diversifiée.

La vitamine D

Des taux bas de vitamine D ont été observés dans certaines formes d'alopécie.

Cela ne signifie pas qu'une supplémentation à fortes doses stimule systématiquement la repousse.

L'objectif est de corriger une éventuelle carence, pas de rechercher des concentrations sanguines toujours plus élevées.

Le sélénium

Le sélénium participe notamment au fonctionnement de la thyroïde et aux défenses antioxydantes.

Mais il illustre parfaitement le danger du « toujours plus ».

Un excès de sélénium peut lui-même provoquer une chute de cheveux !

Et la vitamine A ?

Une carence sévère peut perturber la santé cutanée et capillaire.

Mais un excès de vitamine A préformée, notamment à travers certains compléments concentrés en rétinol, peut également favoriser une alopécie.

Avant de prendre plusieurs compléments, il est donc indispensable de vérifier les doses cumulées.

6. L'alimentation low-carb ou cétogène peut-elle provoquer une chute de cheveux ?

C'est une question importante.

Une alimentation pauvre en glucides, y compris cétogène, n'entraîne pas automatiquement une perte de cheveux.

En revanche, une modification alimentaire importante peut s'accompagner d'un effluvium télogène lorsqu'elle provoque un amaigrissement rapide, un déficit énergétique ou des apports nutritionnels insuffisants.

Le problème n'est donc pas nécessairement l'absence de pain, de pâtes ou de sucre.

Il faut surtout s'intéresser à ce que l'alimentation apporte réellement.

Les protéines sont indispensables

Le cheveu est principalement constitué de kératine, une protéine.

Une alimentation insuffisante en protéines peut compromettre le renouvellement et la croissance capillaires.

En alimentation cétogène, il est donc important de ne pas concentrer toute son attention sur les lipides au détriment des protéines.

Viandes, poissons, œufs et autres sources protéiques doivent être présents en quantités adaptées.

Les lipides ont aussi leur place

Les lipides participent à la structure des membranes cellulaires, à l'apport en acides gras essentiels et à l'absorption de certaines vitamines.

Cependant, consommer davantage de beurre ou de graisse ne suffit pas à stimuler directement la croissance des cheveux.

La priorité reste une alimentation globalement équilibrée, suffisamment énergétique et adaptée aux besoins individuels.

Attention aux restrictions excessives

Certaines personnes cumulent :

  • Une alimentation pauvre en glucides.

  • Un jeûne intermittent prolongé.

  • Une forte réduction des calories.

  • Une activité physique importante.

  • Un apport protéique insuffisant.

Cette accumulation peut favoriser un stress physiologique et une chute réactionnelle.

Une alimentation cétogène correctement construite doit être nutritionnellement suffisante, et non devenir une restriction permanente.

7. Le stress, le sommeil et les changements de saison

Le stress n'est pas uniquement psychologique.

Une intervention chirurgicale, une infection, une maladie fébrile, un amaigrissement rapide ou une période d'épuisement peuvent également modifier le cycle capillaire.

La chute apparaît souvent plusieurs semaines à quelques mois après l'événement déclencheur.

Il existe aussi des variations saisonnières du renouvellement capillaire, avec parfois une augmentation de la chute à la fin de l'été ou en automne.

Il ne faut donc pas systématiquement interpréter une chute automnale comme une carence.

Toutefois, une diminution importante de la densité ou une chute prolongée ne devrait pas être automatiquement attribuée aux saisons.

Le sommeil, la récupération et la gestion du stress contribuent à la santé générale, même si améliorer ces paramètres ne constitue pas à lui seul un traitement spécifique de toutes les formes d'alopécie.

8. La résistance à l'insuline : un lien à explorer

L'insuline ne régule pas uniquement la glycémie.

Elle interagit également avec différents mécanismes métaboliques et hormonaux.

Chez certaines femmes, notamment en présence d'un syndrome des ovaires polykystiques, l'insulinorésistance peut s'accompagner d'une augmentation de l'activité androgénique.

Cela peut contribuer à l'acné, à une pilosité faciale plus marquée et à une alopécie de type féminin.

En périménopause, les modifications hormonales et corporelles peuvent également s'accompagner de changements de sensibilité à l'insuline.

Mais attention : toutes les femmes qui perdent leurs cheveux ne présentent pas une insulinorésistance.

Et une alopécie ne permet pas, à elle seule, d'en faire le diagnostic.

L'intérêt d'une alimentation low-carb doit donc être évalué selon le contexte métabolique et les besoins de chacune, plutôt que présentée comme une solution universelle contre la perte de cheveux.

9. Quels examens peuvent aider à comprendre une chute de cheveux ?

Il n'est pas nécessaire de demander systématiquement des dizaines d'analyses.

Le choix du bilan dépend de l'âge, des symptômes, du type de chute, des menstruations, de l'alimentation et des antécédents.

Parmi les examens à envisager selon le contexte :

  • Numération formule sanguine (NFS) : recherche d'une anémie ou d'anomalies hématologiques.

  • Ferritine et bilan martial : évaluation des réserves de fer et, si nécessaire, de sa disponibilité.

  • TSH, puis autres paramètres thyroïdiens selon les résultats : exploration d'un éventuel dysfonctionnement thyroïdien.

  • Vitamine B12 et folates : lorsque des facteurs de risque ou symptômes évoquent une insuffisance.

  • Zinc et cuivre : dans des situations nutritionnelles ou cliniques particulières.

  • Vitamine D : selon les facteurs de risque et le contexte.

  • Bilan androgénique ciblé : notamment en cas d'acné importante, d'hirsutisme, de troubles menstruels ou d'autres signes évocateurs.

Un examen du cuir chevelu, parfois complété par une trichoscopie chez le dermatologue, peut être particulièrement utile pour identifier la nature de la chute.

Le dosage hormonal isolé est souvent difficile à interpréter en périménopause, car les concentrations fluctuent fortement au cours des cycles.

10. Comment agir concrètement ?

Avant de multiplier les produits antichute, je conseille de revenir aux fondamentaux.

Premièrement : identifier le type de chute.

Est-elle brutale ou progressive ? Diffuse ou localisée ? Les cheveux tombent-ils en quantité importante ou deviennent-ils surtout plus fins ?

Deuxièmement : rechercher les événements déclencheurs des derniers mois.

Stress, infection, intervention, modification alimentaire, perte de poids, changement de contraception ou perturbation menstruelle.

Troisièmement : vérifier les apports nutritionnels.

L'apport en protéines est-il suffisant ? Les apports énergétiques couvrent-ils les besoins ? Existe-t-il un risque de carence en fer ou en certains micronutriments ?

Quatrièmement : prendre en compte l'environnement hormonal.

La périménopause, la thyroïde et les éventuels signes d'hyperandrogénie peuvent orienter la recherche des causes.

Cinquièmement : corriger les déséquilibres identifiés.

L'objectif n'est pas de prendre un maximum de vitamines, mais de fournir à l'organisme les nutriments dont il a réellement besoin.

Il faut également savoir être patiente : le cycle capillaire est lent. Après correction d'un facteur déclenchant, plusieurs mois peuvent être nécessaires avant de constater une amélioration visible.

Enfin, certaines alopécies nécessitent un traitement dermatologique spécifique. L'alimentation ne remplace pas ces traitements lorsqu'ils sont indiqués.

Conclusion : nos cheveux reflètent parfois plusieurs déséquilibres simultanés

Une chute de cheveux n'est pas nécessairement le signe d'un problème grave. Mais elle mérite qu'on s'intéresse à sa cause plutôt que de simplement chercher à la masquer.

Chez une femme de plus de 40 ans, il peut notamment être pertinent d'explorer les interactions entre périménopause, menstruations, statut en fer, fonctionnement thyroïdien, apports nutritionnels et santé métabolique.

Il n'existe pas un complément miracle qui fonctionne pour toutes les chutes de cheveux.

La meilleure approche consiste à comprendre les mécanismes en jeu, à éviter les supplémentations inutiles et à corriger progressivement les facteurs modifiables.

Et si nous faisions le point sur votre alimentation ?

En tant que diététicienne spécialisée dans les approches low-carb et cétogènes, je vous accompagne pour analyser vos habitudes alimentaires, vérifier l'adéquation de vos apports en protéines, vitamines et minéraux, et rechercher les éventuelles insuffisances nutritionnelles susceptibles de contribuer à votre chute de cheveux.

L'objectif : construire une alimentation adaptée à votre métabolisme, à votre période de vie et à vos besoins, en complément d'un diagnostic médical lorsque celui-ci est nécessaire.

Franciane Lison – Diététicienne indépendante

Spécialisée en nutrition low-carb, cétogène et anti-inflammatoire.

Consultations au cabinet et à distance.