Sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro : les 8 priorités nutritionnelles à ne surtout pas négliger

Publié le 5 septembre 2026 à 21:20

Les traitements agissant sur le GLP-1 ont profondément changé la prise en charge de l’obésité et du diabète de type 2.

Sémaglutide, liraglutide, tirzépatide…

Ils diminuent parfois de façon spectaculaire la faim et les quantités consommées. Pour certaines personnes qui ont passé des années à lutter contre leur poids, les fringales ou une sensation de faim permanente, cela peut représenter un véritable bouleversement.

Mais il existe un paradoxe.

Plus le médicament est efficace pour diminuer l’appétit, plus il devient important de surveiller ce que l’on mange.

Car ne plus avoir faim n’est pas synonyme de couvrir ses besoins nutritionnels.

Il est tout à fait possible de perdre beaucoup de poids tout en mangeant :

  • trop peu de protéines ;

  • trop peu de vitamines et minéraux ;

  • trop peu de fibres ;

  • trop peu d’énergie ;

  • et finalement en perdant une quantité non négligeable de masse musculaire.

Les recommandations publiées ces dernières années insistent d’ailleurs de plus en plus sur l’importance d’associer les traitements par GLP-1 à une véritable prise en charge nutritionnelle, musculaire et comportementale.

La question n’est donc plus seulement :

« Combien de kilos avez-vous perdus ? »

Mais aussi :

« Qu’avez-vous perdu ? Dans quelles conditions ? Et dans quel état nutritionnel allez-vous arriver au poids souhaité ? »

Voici, à mon sens, les 8 priorités nutritionnelles essentielles lorsqu’on prend un traitement comme Wegovy®, Ozempic® ou Mounjaro®.

1. Les protéines : probablement la priorité numéro un

C’est l’un des points que je surveille le plus.

Pourquoi ?

Parce qu’avec un agoniste du GLP-1, certaines personnes mangent soudainement deux à trois fois moins qu’avant.

Elles peuvent passer d’un déjeuner complet à :

  • quelques cuillères de soupe ;

  • un morceau de pain ;

  • un demi-yaourt ;

  • quelques légumes ;

  • deux bouchées de viande.

Et comme elles n’ont plus faim, elles ne ressentent pas nécessairement qu’il manque quelque chose.

Pourtant, le corps continue à avoir besoin d’acides aminés.

Le poids perdu n’est jamais constitué uniquement de graisse

Lors d’une perte de poids importante, une partie de la masse perdue correspond généralement à de la masse maigre.

Une méta-analyse publiée en 2026 portant sur les traitements à base d’incrétines retrouve une perte de masse maigre représentant environ 25 à 39 % de la perte pondérale totale selon les molécules étudiées. Le phénomène n’est d’ailleurs pas spécifique aux GLP-1 : une perte de poids importante obtenue par restriction alimentaire peut également s’accompagner d’une perte de masse maigre.

L’objectif n’est donc pas de prétendre qu’il est possible de ne perdre absolument aucun tissu maigre.

L’objectif est de limiter autant que possible une perte musculaire excessive.

Et deux éléments deviennent alors fondamentaux :

les protéines et le renforcement musculaire.

Combien de protéines ?

Il n’existe évidemment pas un chiffre valable pour tout le monde.

Les besoins dépendent notamment :

  • de l’âge ;

  • du poids ;

  • de la composition corporelle ;

  • de l’activité physique ;

  • du niveau de restriction énergétique ;

  • de l’état nutritionnel ;

  • de la fonction rénale ;

  • de certaines pathologies.

Chez de nombreux adultes en phase de perte pondérale, sans contre-indication particulière, des apports supérieurs au minimum de 0,8 g/kg/j sont souvent recherchés.

Certaines publications récentes consacrées spécifiquement à la nutrition sous GLP-1 proposent des repères pouvant aller autour de 1,2 à 1,6 g de protéines/kg/j chez des adultes appropriés sans maladie rénale chronique, avec individualisation selon le contexte.

Cela ne signifie absolument pas que toutes les personnes prenant un GLP-1 doivent automatiquement consommer 1,6 g/kg.

Chez une personne présentant une maladie rénale, par exemple, la stratégie doit être adaptée avec le médecin et le diététicien.

Chez une personne présentant une obésité importante, le calcul sur le poids réel peut également conduire à des valeurs disproportionnées : on peut alors raisonner autrement, notamment à partir du poids de référence, du poids ajusté, de la masse maigre ou de l’objectif clinique.

Il ne faut pas seulement compter les protéines de la journée

La répartition est également intéressante.

Prenons une personne qui consomme :

  • 5 g de protéines au petit-déjeuner ;

  • 15 g à midi ;

  • 60 g le soir.

Elle atteint peut-être son objectif journalier.

Mais cela ne signifie pas nécessairement que cette répartition est optimale pour stimuler régulièrement la synthèse protéique musculaire.

Dans de nombreuses situations, répartir les protéines sur deux ou trois véritables prises alimentaires est plus intéressant.

On peut par exemple construire un repas autour de :

  • œufs ;

  • poisson ;

  • volaille ;

  • viande ;

  • fruits de mer ;

  • yaourt grec ou skyr ;

  • fromage blanc ;

  • tofu ou tempeh ;

  • associations végétales adaptées.

Sous GLP-1 : les protéines devraient souvent être mangées en premier

C’est une stratégie simple mais extrêmement utile.

Lorsque quelqu’un sait qu’il sera rassasié après quelques bouchées, je préfère qu’il commence par :

le poisson, les œufs, la viande ou l’autre source protéique, puis les légumes et le reste du repas.

Plutôt que de commencer par un énorme bol de crudités et de ne plus pouvoir manger sa protéine ensuite.

C’est une logique totalement différente de celle d’une personne dont le principal problème est de manger de très grandes quantités.

Sous GLP-1, chez certains patients, chaque bouchée doit devenir plus nutritionnellement rentable.

2. Faire du renforcement musculaire : la balance ne suffit pas

Deux personnes peuvent perdre exactement 15 kg.

Chez la première :

  • la majorité de la perte provient de la graisse ;

  • la force est conservée ;

  • la masse musculaire est relativement bien préservée.

Chez la seconde :

  • la perte musculaire est beaucoup plus importante ;

  • elle devient moins forte ;

  • elle se fatigue davantage ;

  • elle diminue son activité physique.

Ces deux pertes de poids n’ont pas la même valeur métabolique.

C’est pourquoi je trouve insuffisant de suivre uniquement :

le poids et le tour de taille.

Il faut aussi s'intéresser au muscle.

La recherche récente confirme que la perte de masse maigre observée lors d’un amaigrissement peut être sensiblement limitée lorsque le programme comprend du renforcement musculaire, associé à des apports protéiques adaptés.

Pourquoi le muscle est-il tellement important ?

Le muscle n’est pas simplement esthétique.

Il participe :

  • à la mobilité ;

  • à l’équilibre ;

  • à la force ;

  • à l’autonomie ;

  • au métabolisme du glucose ;

  • à la sensibilité à l’insuline ;

  • au maintien de la dépense énergétique ;

  • à la santé osseuse.

La question devient encore plus importante avec l’âge.

À partir de la quarantaine et davantage encore après 50 ou 60 ans, la conservation du capital musculaire devrait faire partie intégrante de toute stratégie de perte de poids.

Cela concerne particulièrement les femmes autour de la ménopause, période pendant laquelle la composition corporelle se modifie déjà spontanément.

Il n’est pas nécessaire de devenir culturiste

Le renforcement peut être très simple :

  • squats ou assis-debout ;

  • fentes adaptées ;

  • exercices avec élastiques ;

  • haltères ;

  • machines ;

  • exercices au poids du corps ;

  • mouvements de poussée et de tirage.

Deux à trois séances hebdomadaires bien structurées peuvent déjà constituer une excellente base.

Et il faut progresser.

Faire pendant deux ans exactement les mêmes mouvements avec un poids extrêmement léger ne produit pas le même stimulus qu’un travail où la résistance augmente progressivement.

Marcher reste excellent pour la santé.

Mais marcher et stimuler réellement les muscles par une résistance sont deux choses différentes.

Idéalement, on fait les deux.

3. Hydratation et électrolytes : ne pas attendre d’avoir soif

C’est un autre problème fréquent.

Certaines personnes sous GLP-1 constatent qu’elles ont :

  • moins faim ;

  • moins envie de boire ;

  • moins envie de café ;

  • parfois même moins d’intérêt pour l’alimentation en général.

À cela peuvent s’ajouter :

  • nausées ;

  • vomissements ;

  • diarrhées ;

  • constipation.

La déshydratation peut alors s’installer beaucoup plus facilement.

Pourquoi est-ce important ?

Un manque d’hydratation peut favoriser :

  • fatigue ;

  • maux de tête ;

  • vertiges ;

  • constipation ;

  • hypotension ;

  • faiblesse ;

  • diminution des performances physiques.

En cas de vomissements ou diarrhées importants, la problématique devient encore plus sérieuse, particulièrement chez les personnes présentant une fragilité rénale ou prenant certains médicaments.

Combien boire ?

Il n’existe là encore pas un chiffre universel.

Les besoins varient selon :

  • le poids ;

  • la température ;

  • l’activité ;

  • l’alimentation ;

  • les pertes digestives ;

  • la fonction rénale et cardiaque.

L’idée importante est surtout de maintenir une hydratation régulière, même lorsque la sensation de soif ou l’envie de boire diminue.

Pour certains patients, je conseille simplement de structurer les prises :

un verre le matin, une gourde dans la journée, quelques prises entre les repas…

Et le sel ?

Il ne faut pas davantage tomber dans l’extrême inverse.

Tout le monde n’a pas besoin de boissons électrolytiques ou de plusieurs grammes de sel supplémentaires.

Les besoins en sodium dépendent notamment :

  • de la tension artérielle ;

  • de la transpiration ;

  • de l’activité physique ;

  • des traitements ;

  • de l’état cardiovasculaire ;

  • de la fonction rénale.

Les électrolytes doivent donc être adaptés au patient, et non ajoutés automatiquement sous prétexte qu’il prend un GLP-1.

4. Fibres et transit : prévenir plutôt que traiter une constipation installée

La constipation est l’un des problèmes digestifs fréquemment rencontrés sous traitements agissant sur le GLP-1.

Et c’est assez logique.

La personne :

  • mange moins ;

  • ingère donc parfois moins de fibres ;

  • boit éventuellement moins ;

  • produit moins de volume fécal ;

  • et sa motricité digestive peut être modifiée.

Résultat :

le transit peut ralentir considérablement.

La mauvaise réponse : augmenter brutalement les fibres

Lorsque quelqu’un est déjà :

  • nauséeux ;

  • ballonné ;

  • rapidement rassasié ;

  • constipé ;

lui demander de consommer d’un coup une énorme quantité de son, de crudités ou de psyllium peut parfois aggraver l’inconfort.

Il faut souvent procéder progressivement.

Quels aliments privilégier ?

En fonction de la tolérance :

  • légumes cuits ;

  • légumes tendres ;

  • fruits adaptés au contexte métabolique ;

  • graines de chia ;

  • graines de lin moulues ;

  • psyllium ;

  • avocat ;

  • noix et graines ;

  • légumineuses lorsqu’elles sont bien tolérées.

Mais fibres et eau doivent avancer ensemble.

Ajouter beaucoup de fibres avec une hydratation insuffisante peut être contre-productif.

Il ne faut pas oublier le mouvement

Marcher après les repas ou simplement augmenter l’activité quotidienne peut également aider le transit.

Et le magnésium ?

Certaines formes de magnésium ont un effet plus laxatif que d’autres et peuvent être intéressantes dans certaines situations, mais cela doit rester adapté au patient, notamment en cas de maladie rénale.

Une constipation importante ou nouvelle accompagnée :

  • de fortes douleurs abdominales ;

  • d’un ventre très distendu ;

  • de vomissements ;

  • d’une impossibilité d’émettre gaz ou selles ;

ne doit pas être simplement traitée par davantage de fibres : elle nécessite une évaluation médicale.

5. Surveiller les micronutriments : manger moins signifie aussi ingérer moins de vitamines et minéraux

C’est probablement l’un des futurs grands sujets autour des GLP-1.

Ces traitements ne provoquent pas nécessairement des déficits parce qu’ils « bloqueraient » directement l’absorption de toutes les vitamines.

Le problème est souvent beaucoup plus simple :

la personne mange beaucoup moins.

Imaginez une alimentation passant de 2 200 kcal à 1 100 ou 1 200 kcal par jour.

Il devient beaucoup plus difficile de couvrir tous les besoins si l’alimentation n’est pas particulièrement dense nutritionnellement.

Des publications récentes soulignent notamment des apports parfois insuffisants ou des déficits concernant :

  • vitamine D ;

  • fer ;

  • vitamine B12 ;

  • vitamines B, dont la thiamine dans certains contextes ;

  • calcium ;

  • magnésium ;

  • zinc.

Les données restent encore imparfaites et majoritairement observationnelles : il ne faut donc pas conclure que le GLP-1 provoque directement chacune de ces carences. Mais la forte diminution des apports justifie une véritable vigilance nutritionnelle.

Fer

Il mérite une attention particulière chez :

  • les femmes réglées ;

  • les personnes consommant très peu de viande ou poisson ;

  • celles ayant déjà une ferritine basse ;

  • les personnes présentant une fatigue importante ;

  • en cas de chute de cheveux.

Vitamine B12

Elle doit notamment être surveillée chez :

  • les végétariens et végétaliens ;

  • les personnes consommant très peu de produits animaux ;

  • certaines personnes prenant de la metformine ;

  • les personnes âgées ;

  • celles présentant certains troubles digestifs.

Vitamine D

Une insuffisance est extrêmement fréquente dans la population générale, indépendamment des GLP-1.

Il est donc plus intelligent de mesurer et corriger si nécessaire que de supplémenter au hasard avec des doses très élevées.

Calcium

Si une personne supprime quasiment :

  • produits laitiers ;

  • eaux riches en calcium ;

  • sardines avec arêtes ;

  • certaines graines ;

  • certains végétaux riches en calcium ;

tout en consommant très peu d’aliments au total, les apports peuvent rapidement devenir insuffisants.

Et cela mérite d’autant plus d’attention que perte de poids, vieillissement, ménopause, santé osseuse et masse musculaire sont intimement liés.

Le bilan biologique doit être individualisé

Il n’est pas forcément nécessaire de réaliser vingt dosages tous les trois mois chez chaque personne sous GLP-1.

En revanche, selon les symptômes, les antécédents et l’alimentation, le médecin peut juger pertinent de contrôler notamment :

  • NFS ;

  • ferritine et bilan martial ;

  • vitamine B12 ;

  • folates ;

  • vitamine D ;

  • fonction rénale ;

  • électrolytes ;

  • paramètres métaboliques.

Et éventuellement d’autres éléments selon la situation.

6. Surveiller la vitesse de perte de poids : plus vite n’est pas toujours mieux

C’est probablement l’un des messages les plus difficiles à faire passer.

Parce que lorsque quelqu’un a essayé de perdre du poids pendant vingt ans et voit soudainement la balance descendre de semaine en semaine, son premier réflexe est souvent :

« Pourvu que ça continue aussi vite ! »

Mais l’objectif thérapeutique n’est pas de battre un record.

Une perte de poids extrêmement rapide peut augmenter le risque de :

  • perte de masse musculaire ;

  • fatigue ;

  • apports protéiques insuffisants ;

  • déficits micronutritionnels ;

  • chute de cheveux ;

  • calculs biliaires ;

  • diminution des performances physiques.

Cela ne signifie pas qu’une perte importante au début soit automatiquement inquiétante.

Chez une personne présentant une obésité importante, la perte initiale peut naturellement être relativement rapide.

Ce qui m’intéresse davantage est :

comment cette personne perd-elle ce poids ?

Si elle perd rapidement tout en consommant suffisamment de protéines, en faisant du renforcement et en conservant son énergie, ce n’est pas la même situation que quelqu’un qui explique :

« Je ne mange pratiquement plus rien depuis trois semaines. »

Quelques signaux qui doivent attirer l’attention

Par exemple :

  • fatigue croissante ;

  • faiblesse musculaire ;

  • vertiges ;

  • froid permanent ;

  • chute importante des cheveux ;

  • incapacité à terminer une petite portion ;

  • apports alimentaires extrêmement bas ;

  • vomissements fréquents ;

  • perte de force ;

  • dégoût généralisé de la nourriture.

Dans ce cas, chercher à intensifier encore la restriction n’a aucun sens.

Une adaptation du traitement peut également devoir être discutée avec le médecin.

Le but n’est pas d’utiliser la dose maximale supportable.

Le but est d’utiliser la stratégie thérapeutique qui apporte le meilleur bénéfice pour le patient.

7. La qualité alimentaire : manger moins ne suffit pas

C’est probablement ici que le suivi diététique prend tout son sens.

Une personne peut manger :

deux fois moins qu’avant

et conserver exactement la même alimentation qualitativement médiocre.

Par exemple :

Matin : rien.

Midi : un petit sandwich.

16 h : quelques biscuits.

Soir : un petit plat préparé.

La quantité totale a chuté.

Le poids diminue.

Mais la qualité nutritionnelle reste médiocre.

Le médicament fonctionne.

L’alimentation, elle, n’a pas réellement été améliorée.

Sous GLP-1, il faut raisonner en densité nutritionnelle

Lorsque les volumes alimentaires deviennent petits, chaque repas devrait idéalement apporter un maximum de nutriments utiles.

Cela signifie privilégier :

De vraies sources de protéines

Œufs, poisson, viande, volaille, produits laitiers riches en protéines, fruits de mer ou protéines végétales bien construites.

Des végétaux

En tenant compte de la tolérance digestive.

Les légumes crus volumineux ne sont pas obligatoires si la personne les digère mal.

Des légumes cuits peuvent parfois être beaucoup mieux tolérés.

Des matières grasses de qualité

Notamment :

  • huile d’olive ;

  • avocat ;

  • noix ;

  • graines ;

  • poissons gras.

Cela ne signifie pas non plus qu’il faut transformer chaque repas en repas hypergras.

Sous GLP-1, les repas très gras et très volumineux peuvent parfois accentuer :

  • nausées ;

  • lourdeurs ;

  • reflux ;

  • sensation de digestion interminable.

La tolérance individuelle reste donc essentielle.

Moins d’aliments ultra-transformés

Lorsque l’appétit est fortement diminué, c’est une excellente occasion de réduire :

  • pâtisseries ;

  • biscuits ;

  • chips ;

  • fast-food ;

  • boissons sucrées ;

  • produits ultra-transformés.

Non parce qu’ils seraient « interdits ».

Mais parce qu’ils prennent la place d’aliments beaucoup plus nutritifs dans un volume alimentaire désormais très limité.

Et les glucides ?

Il n’existe pas une répartition unique valable pour tous les patients sous GLP-1.

Chez une personne présentant :

  • diabète de type 2 ;

  • insulinorésistance ;

  • syndrome métabolique ;

  • hypertriglycéridémie ;

  • stéatose hépatique ;

une alimentation réduite en glucides peut être particulièrement intéressante.

Mais cela ne signifie pas qu’il faille automatiquement cumuler :

GLP-1 + régime cétogène très strict + jeûne intermittent + déficit calorique massif.

Chez certaines personnes, cette combinaison devient tout simplement trop restrictive.

Une approche low carb correctement construite peut parfaitement accompagner un traitement.

La quantité de glucides doit simplement être déterminée en fonction :

  • du contexte métabolique ;

  • de l'activité physique ;

  • du traitement du diabète ;

  • de la tolérance ;

  • des préférences ;

  • et surtout de la capacité à couvrir les autres besoins nutritionnels.

8. Préparer le long terme dès le premier jour

Cette priorité est peut-être la plus importante de toutes.

Car l’erreur serait de considérer le traitement comme une parenthèse :

« Je prends Mounjaro ou Wegovy pendant quelques mois, je perds 20 kg et ensuite je reprends ma vie normale. »

Mais quelle vie normale ?

Si les habitudes qui existaient avant le traitement reviennent intégralement lorsque la faim revient, le risque de reprise pondérale est important.

Les essais dans lesquels les traitements ont été interrompus montrent effectivement qu’une partie substantielle du poids perdu peut être reprise après l’arrêt.

Cela ne signifie pas que tout le monde reprendra nécessairement tout son poids.

Mais cela rappelle une réalité importante :

le médicament agit tant qu’il produit son effet pharmacologique.

Ce n’est pas une rééducation permanente de l’appétit.

Il faut donc profiter de cette période

Lorsque la faim et les compulsions sont réduites, cela peut être une extraordinaire occasion d’apprendre à construire une nouvelle alimentation.

Pas dans six mois.

Pas après l’arrêt.

Dès maintenant.

On peut travailler :

  • la structure des repas ;

  • la reconnaissance de la faim ;

  • la différence entre faim et envie ;

  • les apports protéiques ;

  • la gestion des sorties ;

  • les courses ;

  • la cuisine ;

  • les portions ;

  • les aliments déclencheurs ;

  • le grignotage ;

  • l’activité physique ;

  • le sommeil ;

  • les comportements alimentaires émotionnels.

Parce que si le médicament disparaît un jour, ce sont ces apprentissages qui resteront.

Et si le traitement doit être pris longtemps ?

C’est possible.

L’obésité est désormais considérée comme une maladie chronique pour laquelle certaines personnes peuvent avoir besoin d’un traitement pharmacologique prolongé.

Il ne faut donc pas forcément considérer l’utilisation prolongée comme un échec.

Mais cela rend encore plus importante la surveillance :

  • de l’état nutritionnel ;

  • de la composition corporelle ;

  • de la masse musculaire ;

  • des effets secondaires ;

  • du comportement alimentaire ;

  • et de l’efficacité au fil du temps.

Une journée alimentaire sous GLP-1 ne devrait donc pas être simplement « petite »

Elle devrait être intelligemment construite.

Par exemple, plutôt que :

Petit-déjeuner

Un café.

Midi

Quelques cuillères de soupe et un morceau de pain.

Soir

Un yaourt.

Je préfère généralement rechercher, selon les besoins du patient :

Premier repas

Une véritable source de protéines :

œufs, yaourt grec riche en protéines, fromage blanc, poisson…

Midi

Protéines + légumes + matière grasse de qualité, puis éventuellement une portion de glucides adaptée au contexte.

Soir

À nouveau une quantité suffisante de protéines, accompagnée de légumes et du reste de l’alimentation selon les besoins.

Cela semble basique.

Mais lorsque l’appétit disparaît presque totalement, ce sont précisément les bases qui risquent de disparaître avec lui.

Un autre point important : suivre autre chose que le poids

Un bon suivi sous GLP-1 pourrait s'intéresser à :

  • l'évolution du poids ;

  • le tour de taille ;

  • la composition corporelle lorsque l'outil est disponible ;

  • la force musculaire ;

  • les performances physiques ;

  • l'énergie ;

  • le transit ;

  • l'hydratation ;

  • les apports protéiques ;

  • la qualité alimentaire ;

  • les symptômes digestifs ;

  • certains paramètres biologiques selon le contexte.

Parce qu'une personne qui a perdu 20 kg mais qui :

  • n'a plus de force ;

  • mange 40 g de protéines par jour ;

  • ne fait plus aucune activité physique ;

  • présente une ferritine effondrée ;

  • perd ses cheveux ;

  • et reprend progressivement du poids dès que son traitement est diminué ;

n'a pas nécessairement bénéficié d'une prise en charge optimale.

Les 8 priorités à retenir

Si je devais résumer l’accompagnement nutritionnel sous GLP-1 en huit points, ce serait donc :

1. Assurer suffisamment de protéines
pour protéger au maximum la masse musculaire malgré la baisse des quantités alimentaires.

2. Faire du renforcement musculaire
afin de donner au corps une raison physiologique de conserver son muscle.

3. Maintenir une bonne hydratation
et adapter les électrolytes au contexte individuel.

4. Préserver le transit
avec suffisamment de liquide, des fibres progressivement adaptées et du mouvement.

5. Surveiller les micronutriments
car manger beaucoup moins peut également signifier ingérer beaucoup moins de fer, calcium, B12, vitamine D, zinc ou magnésium.

6. Ne pas rechercher la perte la plus rapide possible
mais la meilleure perte possible : essentiellement graisseuse, avec préservation fonctionnelle et musculaire.

7. Améliorer la qualité alimentaire
et ne pas simplement réduire les quantités d’une alimentation qui resterait pauvre nutritionnellement.

8. Construire dès le départ la stratégie d’après
car perdre le poids n’est qu’une partie du travail : il faut ensuite préserver les résultats.


En conclusion

Les médicaments agissant sur le GLP-1 représentent une avancée thérapeutique considérable.

Mais ils modifient profondément le rapport à l’alimentation.

Lorsque la faim diminue de 50, 60 ou 70 %, la nutrition doit nécessairement être repensée.

Le principal danger n’est pas simplement de « ne pas manger assez de calories ».

C’est de ne plus manger suffisamment de ce dont le corps a réellement besoin.

Protéines.

Vitamines.

Minéraux.

Fibres.

Acides gras essentiels.

Et parallèlement, de ne plus suffisamment stimuler le muscle.

C'est la raison pour laquelle l’accompagnement diététique ne devient pas moins important sous Ozempic®, Wegovy® ou Mounjaro®.

Il devient différent. Et, dans certains cas, encore plus nécessaire.

Le véritable objectif ne devrait pas être simplement :

« faire descendre la balance ».

Mais plutôt :

perdre de la graisse, préserver ses muscles, améliorer sa santé métabolique, rester correctement nourri et construire une alimentation que l’on pourra encore gérer dans plusieurs années.

C’est à cette condition que la perte de poids devient réellement une amélioration de la santé.